Heurts d’étais
Si vous n’aimez pas les femmes…
Si vous n’aimez pas les homosexuels…
Si vous n’aimez pas les hommes…
Si vous n’aimez pas les lesbiennes…
Si vous n’aimez pas les anarcho-autonomes…
Si vous n’aimez pas les syndicalistes…
[...]
Si vous n’aimez pas le mélange des genres…
Si vous n’aimez pas le préservatif…
Si vous n’aimez pas l’avortement…
Si vous n’aimez pas les naissances…
Si vous n’aimez pas la non-violence…
Si vous n’aimez pas la désobéissance civile…
Si vous n’aimez pas l’authenticité de l’être humain…
[...]
Si vous n’aimez pas les noirs…
Si vous n’aimez pas les blancs…
Si vous n’aimez pas la différence…
Si vous n’aimez pas les juifs…
Si vous n’aimez pas les palestiniens…
Si vous n’aimez pas les couleurs…
Si vous n’aimez pas le carnaval…
[...]
Si vous n’aimez pas la musique…
Si vous n’aimez pas le fromage…
Si vous n’aimez pas le chocolat…
Si vous n’aimez pas l’humour…
Si vous n’aimez pas les chroniqueurs…
Si vous n’aimez pas l’expression libre sur Internet…
[...]
Si vous n’aimez pas les libertés…
Si vous n’aimez pas la fraternité…
Si vous n’aimez pas l’égalité…
Si vous n’aimez pas les sans-abris…
Si vous n’aimez pas les chômeuses et les chômeurs…
Si vous n’aimez pas les caricatures…
[...]
Si vous n’aimez pas les populations…
Si vous n’aimez pas les étudiants…
Si vous n’aimez pas les grèves…
Si vous n’aimez pas les enfants…
Si vous n’aimez pas les vieux…
Si vous n’aimez pas les vieilles…
Si vous n’aimez pas les handicaps…
Si vous n’aimez pas les malades…
[...]
Si vous n’aimez pas la paix…
Si vous n’aimez pas les contradictions…
Si vous n’aimez pas la Princesse de Clèves…
Si vous n’aimez pas la vérité des faits…
Si vous n’aimez pas les manifestations…
Si vous n’aimez pas les jeunes…
[...]
Si vous n’aimez pas la nature…
Si vous n’aimez pas aimer…
Si vous n’aimez pas la poésie…
Si vous n’aimez pas vôtre poupée de chiffon…
Si vous n’aimez pas la Guadeloupe…
Si vous n’aimez pas la présomption d’innocence…
Si vous n’aimez pas la démocratie participative…
[...]
Si vous n’aimez que vôtre nombril et sa sécurité!
Allez vous faire foutre !
29/03/2009 à 07:39
je n’aime pas la “sécurité” surtout ce qui s’y trouve associée,la société de contrôle …
Merci pour votre bréviaire bien utile
NB
29/03/2009 à 08:39
Chère Nadia, soyez tout d’abord la bienvenue sur mes rivages. Comme vous, je n’aime pas la société de contrôle qui préside à la sécurité omniprésente et qui rend la vie si inconfortable. Votre compliment me serait plus agréable encore si je pouvais être convaincu de la force de ce “bréviaire”, plagié – dois-je le confesser ? – sur les textes et dialogues du film À bout de souffle. Pour mémoire :
Je souhaite néanmoins que ces heurts amènent un jour des heures plus respectueuses de la dignité humaine, pour des heures guéries de leur stupide sentence et des offices affranchis de toute idéologie.
29/03/2009 à 09:12
En tout cas, moi j’adore les arc-en-ciels…
j’adore…
encore bravo !
29/03/2009 à 14:48
Ah ! l’arc-en-ciel, ce cercle magique aux lumières multicolores me ravit tout autant petite fleur. Merci pour tout.
29/03/2009 à 21:18
Ouf ! cela fait du bien de l’avoir dit. Maintenant j’ai la banane.
29/03/2009 à 22:00
N’est-ce-pas ? La médecine d’autrefois, notamment issue du savoir de la culture mahométane, prétend que la consommation de banane excite les appétits vénériens. Les croyances la désignèrent même, comme le fruit défendu du Paradis Terrestre à l’origine des maux de l’humanité.
L’usage de cette formule imagée pour signifier sa grande forme physique, chez l’homme, doit sans doute renvoyer à ces vieilles traditions. Qu’en pensez-vous, vous qui venez d’en faire l’usage en guise d’œillade au nouveau protocole républicain en vigueur à la présidence de la république française ?
29/03/2009 à 22:16
Ah ! Ça fait du bien !
29/03/2009 à 22:26
Et comment ! que ça fait du bien. Avec en prime une de mes expressions colorées les plus appréciées dans mon usage quotidien, si ce n’est la favorite.
30/03/2009 à 07:12
Toi, tu as ressorti “A bout de souffle” récemment…
30/03/2009 à 11:58
Il y a de cela, en effet
30/03/2009 à 13:59
Génial!!!
C’est vrai que l’inspiration À bout de souffle se fait sentir
30/03/2009 à 15:43
J’en suis littéralement essoufflé…
30/03/2009 à 16:40
Amen!
30/03/2009 à 18:06
Avec ma bénédiction !
30/03/2009 à 18:24
Quel plaisir j’ai ce soir de pouvoir lâcher ce que j’ai sur le cœur ….
Si vous n’aimez pas les enfants ….. ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !
Merci de m’avoir donné une occasion pareille
31/03/2009 à 07:04
Après avoir lu ton manuel d’instruction, je comprends bien cette soudaine envie d’épanchement.
Je pense au film de Jules Celma – L’école est finie – et à son monologue acéré :
L’incompréhension des adultes autistes face aux enfants nous mène à la révolte…
30/03/2009 à 18:37
Superbe litanie, et purement de la joie de vivre celle-ci!
31/03/2009 à 07:17
Une joie de vivre un rien séditieuse et quelque peu saupoudrée de révolte…
31/03/2009 à 07:51
Quel texte Daud ! S’il est “fort”, il n’en reste pas moins vrai quelques fois ! La vérité est sortie de la petite lettre que le Piou a écrit et que je n’arrive plus à lire tant elle me fait mal pour lui !
Je sais que certains enseignants sont loin de mettre l’enfant au coeur de leurs préoccupations … et ce, malgré les messages qu’on leur fait passer !
31/03/2009 à 08:05
Hélas, et pour une minorité déplacée c’est un corps de métier dans son ensemble qui devient parfois suspect. Un métier peu évident à porter – tu es bien placée pour le savoir – et d’autant moins que de réformes en contre-réformes non-concertées, il y a de quoi en perdre son latin autant que les enfants, leur motivation à l’éveil.
31/03/2009 à 08:12
Je ne saurai lister toutes les qualités qu’il faut pour enseigner. Beaucoup de patience, de l’empathie, et bien d’autres choses encore.
Je peux aussi comprendre (avec le faible recul que j’ai) pourquoi il existe des maisons psychiatriques pour enseignants. Mais je crois surtout que quand on n’a plus la patience, il faut savoir dire stop au bon moment !
On n’enseigne pas pour l’amour de la matière mais normalement, pour le plaisir de transmettre un savoir.
Désolée de dévier de ton sujet initial, j’ai démarré au quart de tour, j’avais besoin d’évacuer !
31/03/2009 à 13:15
Tutto va bene !…
Et puis une digression, c’est aussi l’occasion de s’enrichir mutuellement, comme un fonctionnement sans ordre, avec plaisir.
31/03/2009 à 09:03
Pomme,
je pense surtout que l’enseignant ne sait plus ce que l’on attend de lui. Il a oublié, réforme après réforme, que l’essentiel était de se préoccuper de l’enfant qu’il avait devant lui et de choisir la façon la mieux adaptée de lui donner l’envie d’apprendre. A cela , il a substitué la course aux points de notation, de rentrer dans le moule de l’inspection, comme noter des petits de maternelle “première section” sur leur capacité à appréhender le classement, alors qu’ils savent à peine délacer (et encore moins le contraire) leurs chaussures et les ranger dans l’espace prévu à cet effet.
L’uniformité pour des particularités, c’est comme cela que l’on fait les bons “soldats”.
Je connais des instits qui subissent les contre-coups pour avoir fait de l’enseignement adapté à l’enfant.
Daud,
Peut-on rester les bras ballants devant l’assassinat de notre futur, “même si l’avenir ne se connaît pas” nous savons très bien que notre force vive est détruite comme elle l’a été pendant des siècles et des siècles par des faiseurs de “morale” adaptée à leurs besoins. Nous bafouillons des bribes de liberté en surveillant de très près qu’elles ne débordent pas sur l’intégrisme.
Le choix du bananier, vient peut-être de la nostalgie bananière !
31/03/2009 à 13:39
Partance,
La formule « Chaque jour, c’est Mozart qu’on assassine. » est, somme toute, toujours d’actualité.
Je ne me sens pas le droit de rester passif devant l’assassinat de notre futur. C’est là le sens de mon action politique et militante au quotidien.
Mais l’avenir n’existe pas encore… ai-je répondu à vôtre article J’entends… signifie justement que l’avenir n’existant pas encore, il reste toujours la possibilité d’une action, loin de la tentation de la résignation. Je suis assez de votre avis : Nous bafouillons des bribes de liberté en surveillant de très près qu’elles ne débordent pas sur l’intégrisme.
Enfin, pour ce qui est de la banane, la référence à la république bananière ou république de bananes me paraît effectivement bien indiquée. Il suffit de penser au népotisme, à la dérive sécuritaire, l’attrait du clinquant, etc…
A bientôt
02/04/2009 à 19:12
Bonsoir,
Comme Nadia je n’aime pas non plus ce mot “sécurité”.
Merci!
Versions Célestes
02/04/2009 à 20:19
Bonsoir, je vous comprends et acquiesce, mais en même temps, à y regarder de plus près, il s’agit plus de l’intention de contrôle liberticide qui sous-tend à cette notion de sécurité qu’autre chose. La sécurité sociale a pu être raillée dans son fonctionnement, elle n’a pas, à ma connaissance, fait l’objet d’une méfiance voire d’une défiance de la population. Il serait difficile d’en dire autant en parlant de la sécurité intérieure de l’État et de sa mise en place que je n’aime pas beaucoup non plus.
03/04/2009 à 13:07
le mélange des genres , c’est mon préféré.
mais la “vérité” des faits…je m’en méfie, du mot “vérité” surtout…
j’acquiesce pourtant oui, à tout, à condition qu’on me laisse aussi ne pas aimer tout, sans nuance, de ce et ceux qui sont cités, parce que , je dirais alors volontiers …allez vous faire foutre….
03/04/2009 à 14:09
Bienvenue, chère Anne, c’est un plaisir de vous lire ici. Moi aussi, je le trouve beau, ce mélange des genres ; ma préférence va vers lui, assurément. En ce qui concerne la vérité, j’ai hésité, en relisant, à retirer l’expression que j’ai finalement laissée, puisqu’elle m’était venue spontanément. Je comprends votre méfiance à cet égard, et je dirais qu’à l’instar de la sécurité, c’est l’intention qui sous-tend à l’écriture qui importe. Comment dire ? Je n’y ai pas sous-tendu de caractère absolue ni universelle.
Soyez libre de vos goûts, avec vôtre entièreté, bien évidemment sans quoi je comprendrais cette inclination à proclamer d’un verbe fort et coloré : Allez vous faire foutre !
Post-scriptum du 05 avril 2009 : au mélange de genres je m’interromps et je me dis mais l’ange dérange comme une forme de dyslexie allitérée.
05/04/2009 à 08:20
Cher Daud,
Tu poses la question de savoir si ton bréviaire peut convaincre.
Tout d’abord, on est convaincu quand on écrit. C’est déjà pas mal, et on le fait savoir. On fait savoir, que l’on ne partage pas le même aveuglement paranoïaque sur la société de contrôle. Ce sur quoi d’autres se retrouvent, ici.
Mais, la position de dissidence comme tu l’exprimes à travers ton site, n’est pas facile à vivre.
Je me posais la même question, quand l’autre jour, j’ai écouté une interview de Chomsky. Il disait, lui, partant d’une longue durée dans l’analyse des sociétés, que malgré tout, les choses, peu à peu, s’amélioraient.
Peu à peu… C’est un peu long à attendre.
05/04/2009 à 21:48
Chère Nadia,
Depuis longtemps le doute m’a poussé à mesurer mes propos, mes actes, mes décisions ; faisant de la pondération un de mes traits de caractères les plus reconnus par mes proches. Le doute étant le cousin du manque d’assurance, ma conviction, si forte fut-elle, n’a pas pris le pas sur le besoin profond d’écrire ce `bréviaire´ – je n’aime pas vraiment le registre auquel appartient ce mot – dont l’inspiration était sans doute à bout de souffle lors de sa venue.
Cela-dit, j’ai eu l’envie, au delà du besoin d’écrire, de faire savoir ce qui m’effleura l’esprit comme une arrivée marathonienne, entrecoupée de [...] ; et lire que d’autres se retrouvent, ici me conforte et m’enrichit de points de vue complémentaires et pourquoi pas contradictoires. J’éprouve une sorte de paix intérieure à sentir la compréhension, voire la compassion d’une communauté d’autres si singulière.
La dissidence, comme une différence aussi instinctive que le besoin de liberté, n’est certes pas facile à vivre ; mais je me sens de plus en plus orienté vers une sorte d’optimisme où j’ai toujours la possibilité d’agir plutôt que de regarder. Si cela a débuté dans un souci de cohérence narrative, je le ressens aujourd’hui comme une nécessité d’action participant au sens que je souhaite donner à ma vie. J’ignore si cela suit les propos de Chomsky – que je connais peu au demeurant – mais j’ai comme l’idée que cela ne doit pas en être très éloigné.
En souhaitant la célérité prochaine des choses qui s’améliorent, merci pour tout et à bientôt ; fraternellement.
10/04/2009 à 14:37
[...] Eux se donnent le droit — ne sont-ils pas supérieurs dans leur esprit-”blanc” ? — de décider du destin des médecins-nègres. Moi, je réponds à ces racistes, ces xénophobes professionnels, ces tenants de l’apartheid — et j’emprunte les mots de Daud Avendauth : ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! [...]