Pas moins pénible au soleil

En deux-milles, Agnès Varda s’intéressa à ceux qui n’ont guère que les restes pour vivre au travers d’un documentaire intitulé « Les Glaneurs et la Glaneuse ».

« Les vrais pauvres – disait-elle – ont compris qu’on peut prendre le pain dans les poubelles des boulangeries, soulever les couvercles des poubelles des supermarchés et trouver des nourritures qui sont encore très bonnes malgré la date de péremption imprimée sur les emballages. De la manière dont l’agriculture est faite et distribuée, on sait que les patates doivent avoir quatre centimètres sur sept, tout ce qui est trop gros ou plus petit est jeté. C’est pareil pour les fruits. Des tonnes de nourriture sont jetées. »

En mille-neuf-cent-quatre-vingt-neuf, Jorge Furtado réalisa un court métrage transpirant son angoisse face à l’inhérente misère issue du monde capitaliste dans une narration décalée qu’il acheva ainsi : « Ce qui place les êtres humains après les porcs dans la priorité de choix des aliments, c’est le fait de n’avoir ni argent, ni propriétaire.
Les êtres humains se distinguent des autres animaux par le télencéphale hautement développé, par le pouce préhenseur, et par le fait d’être libres.
Libre est l’état de celui qui jouit de liberté.
“Liberté” est un mot que le rêve humain alimente. Il n’existe personne qui l’explique, et personne qui ne le comprenne.
»

Face aux légions de ceux qu’on n’entend pas, j’ai comme d’autres cette chance de pouvoir dire et écrire et peut-être humblement d’être entendu :

Ne pas avoir peur des on-dits
Un portrait de la France qui se lève tôt
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Les poubelles des supermarchés
Les poubelles « pas grand chose à ajouter »
Les poubelles des supermarchés – encore et toujours
Les super-poubelles du marché ou les poubelles de supermarché
Les poubelles des supermarchés, le jeu spectaculaire
Ça en jette ! La plus belle
Les poubelles de Moroprix
Poubelle rouillée « qui m’aidera à affronter les pluies acides de la ville »

J’ai la chance de pouvoir exprimer mon dégoût, en lointain observateur, d’un système qui a fait d’une partie de l’humanité un déchet de plus dans une marée qui tue notre planète et ses habitants.

J’ai la chance de pouvoir prendre un repos estival que j’estime mérité. Cependant, en ce début de vacances, je crois nécessaire de ne pas oublier que la misère, loin de s’évanouir à la belle saison, non moins pénible au soleil, reste présente et insoutenable.


4 réponses vers “Pas moins pénible au soleil”

  1. Excellent

  2. reinedespommes a dit :

    Insoutenable, surtout au regard du déséquilibre, oui !

    Votre article fait frémir Daud. Certains êtres humains ont perdu leur dignité à cause d’un système fait d’égoïsme et ça, c’est en effet inadmissible.

  3. trés beau texte,

  4. fanfan a dit :

    merci pour ce texte superbe. Si seulement les gens ouvraient les
    yeux et refusaient de subir ….. du rêve à la réalité il y a un gouffre
    bisous à vous

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