XXV. Le fait militaire que j’admire le plus

“Mon volontariat” ; Proust fit son service militaire en devançant l’appel à Orléans. J’ai eu, contraint, l’occasion de faire mon service militaire. Rien d’admirable, quelques rencontres intéressantes, beaucoup de temps perdu…

Je n’admire pas le fait militaire car il n’existe aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer et le fait militaire ne se propose pas d’autre entreprise que celle de tuer son prochain.

6 réponses vers “XXV. Le fait militaire que j’admire le plus”

  1. reinedespommes a dit :

    Ah Daud, joliment dit ! et bien moi, il y a un fait militaire que j’admire parce que j’estime qu’il était temps : l’arrêt du service obligatoire !

  2. Joël a dit :

    Bonsoir Daud. Je me permets d’intervenir sur ton post : n’est-ce pas un peu réducteur de ne voir que le fait de tuer ? Je pense qu’on peut aussi vouloir défendre. Sa famille, ses proches, un certain nombre de valeurs… La Suisse elle-même possède une armée très moderne…
    Bras armés de notre pays, de nombreux gars tentent aussi d’aider mais, vaste sujet, peut-être devrait-on fermer les yeux sur l’Afghanistan ou il y a quelques années sur l’ex-Yougoslavie…
    Ceci étant, de nombreuses réformes sont nécessaires, le service national en avait vraiment besoin !

  3. Bonsoir Joël, comprenez-moi bien. J’ai la volonté d’exprimer ma vérité : ce qui, en tant qu’être doué de raison, m’est venu à l’esprit, non pas de prime abord mais après réflexion. Hors, malgré ma sincérité, je ne suis pas indemne de contradictions et ma vérité ne saurait être considérée comme La Vérité.

    D’un point de vue sociologique, j’ai perçu l’armée (dans sa composante française) comme un microcosme totalitaire fondé sur la confrontation des puissances, où le rapport des forces prend inévitablement le pas sur l’esprit critique, isolant ainsi les hommes qu’elle incorpore de leur environnement social naturel.

    Les alignements de sépultures de toutes les nations m’ont conforté dans cette analyse ; me permettant, au risque de paraître à vos yeux réducteur, d’en déduire que l’essence même des institutions militaires est de répandre la mort.

    Une idée largement diffusée consiste à croire que les forces armées participent à des missions humanitaires ou à des opérations de maintient de la paix. Personnellement, je ne le crois pas. J’y vois plutôt la cacophonie du concert des Nations Unies et le dysfonctionnement de son Conseil de sécurité dans sa « responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale » qui l’orchestre.

    Car enfin, je trouve paradoxal que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ~ les États-Unis d’Amérique, la France, le Royaume-Uni, la République populaire de Chine et la Fédération de Russie ~ sont aussi les puissances nucléaires déclarées et les plus grands pays fournisseurs d’armes au monde.

  4. Joël a dit :

    Bonsoir Daud,
    je vous comprends tout à fait : personne ne peut prétendre exprimer “la” vérité, qui sommes-nous, pauvres humains, pour oser affirmer détenir “la” vérité ?
    Vous devinez peut-être que je connais bien ce milieu et plein de paradoxes, moi aussi, je suis bien obligé de reconnaître que vos remarques sont pleines de justesse, lorsque vous abordez les questions des rapports de force et de l’esprit critique. “Le chef a toujours raison”… Que j’ai pu me battre contre ce principe de l’omniscience et l’omnipotence d’un chef totalitaire ! Dire que j’ai rencontré des hommes de grande valeur n’excusera pas le fait d’en avoir rencontré des “tout petits”. Ce sujet, trop polémique car trop passionné, ne m’intéresse pas vraiment.
    Par contre, je voudrais malgré tout revenir sur le rôle du militaire dans les opérations dites humanitaires. Il est effectivement difficile de comprendre que la France tint la première place

  5. Joël a dit :

    erreur de frappe, désolé…
    … la première place dans la fabrication de mines anti-personnelles alors qu’elle envoyait ses soldats “dépolluer” les terrains minés… Le droit d’ingérence, prôné par certains, est en opposition farouche avec la neutralité des Nations Unies, organisme ligoté par un conseil de sécurité et ses membres aux intérêts si différents !
    J’ai personnellement connu l’ex-Yougoslavie en 93 et ne m’en veuillez pas mais je ne peux m’empêcher de réagir sur l’association militaire et tuer son prochain. Les milices, de quelque origine quelles étaient, étaient des civils. Les militaires que nous étions, avons tenté de nous interposer dans des combats fratricides, uniquement avec notre présence pas avec nos armes et j’ai encore des souvenirs vivaces des populations à qui nous apportions nourriture et soins. Peu nous importaient les querelles politiques de nos dirigeants : le sourire d’un enfant à qui nous venions de donner du lait ou la poignée de main d’un civil sortant d’une antenne chirurgicale justifiaient notre travail.
    Bien évidemment, d’aucuns rétorqueront que les ONG faisaient le même travail. Certes. Je reconnais ne pas être à un paradoxe prêt dans mes propos…

  6. Bonjour Joël, merci pour votre collaboration enrichissante.

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