« Le droit à la faiblesse »

Les circonstances de la vie sont pleines de coïncidences.

Ce soir Olia se confiait de la douleur lancinante provoquée par l’ingratitude ; une ingratitude proche de l’indifférence ; une ingratitude incompréhensible tant la remise en question de soi laisse dans l’impasse et prend à la gorge. Avec des pourquoi sans réponse.

Je l’ai écouté, j’ai tenté de lui apporté du réconfort, j’ai essayé de trouver les mots… Je me suis senti désarmé. Avec des pourquoi sans réponse.

Mes pas m’ont soudain porté vers l’étagère où se trouve un volume des écrits de Bertolt Brecht. Le saisissant, je l’ai fortuitement ouvert à la page d’un texte intitulé « Le droit à la faiblesse » pour tomber sur la phrase suivante : « Ne savais-tu pas qu’on ne doit rien faire en vue d’obtenir de la reconnaissance, attendu que l’homme est trop faible pour être reconnaissant ? »

J’ai refermé le livre. Nous nous sommes regardés. Nous nous sommes pris la main et nous avons souri.


6 réponses vers “« Le droit à la faiblesse »”

  1. reinedespommes a dit :

    Daud, Olia,
    Je pense qu’il ne faut pas attendre de reconnaissance, en effet. Mais quand elle vient, alors, il faut savoir la savourer comme il se doit.
    Il n’y a pas que des gens faibles, donc, non reconnaissants.
    Je sais qu’il y a malheureusement en proportion, beaucoup plus de gens gonflés d’indifférence. J’en ai fait les frais bien souvent.
    Ecouter est déjà si important !
    Je comprends Olia, car les mots, c’est d’ailleurs qu’elle aurait souhaité les entendre. Mais cela prouve au moins une chose : elle est équipée d’un coeur, elle !
    La coïncidence est superbe, au moins pour lui avoir amené un sourire ce soir.

  2. Olia a dit :

    Merci Pomme, tes mots sonnent “juste”…

    Je viens de découvrir ceci : Câlins gratuits et j’ai tout à coup une énorme envie d’y aller !! ;-)

  3. Gratis Kram, Abrazos Gratis, Free Hugs… Très Bisounours aujourd’hui Olia !

  4. reinedespommes a dit :

    Olia !!!! voilà un lien qui fait du bien tiens ! ces câlins là font autant sourire que plaisir.
    Moi aussi, j’y serais bien allée prendre un ou deux câlins ;-)

  5. Je dois avouer que, de prime abord, cela m’a laissé perplexe. La notion de gratuité m’a renvoyé aux activités de promotions commerciales et m’a mis mal à l’aise. J’ai un rapport au monde marchand très ambiguë, j’en vis mais je l’exècre. J’aurais préféré ‘Don de tendresse’ ou ‘Câlins libres’.

    Et moi qui préconise tant de jouir de l’instant présent … Chacun a ses limites et doit trouver son équilibre en assumant toutes ses incohérences ; enfin je le crois. Mais quelle galère parfois :-(

  6. reinedespommes a dit :

    Daud, il ne s’agit là que de bras qui se tendent, dans la joie et la bonne humeur. Je suis exactement dans le même état d’esprit concernant ce monde de surconsommation au milieu de ceux qui crévent la faim.
    Mais, ces garçons qui dansent joyeusement et donnent gratuitement, peu importe, ça me met de bonne humeur. Voilà exactement le genre de situations dans laquelle je me retrouve et où je fonce vers celui qui rit le plus. D’autant qu’il faut bien l’avouer, prendre un inconnu dans ses bras, ou simplement lui tendre la main, ce n’est pas chose facile et pourtant, ça fait tellement de bien.

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