Ça en jette !
Suite à l’invitation d’Antoine, après sa rédaction d’un texte portant sur la récupération des rebuts des grandes surfaces par les misérables de notre siècle, faisant écho à une initiative de Dorham et à des textes de Gaël et Marc, je vous propose la lecture suivante qui s’essaie à relayer l’écho :
Ça en jette !
Les grands rideaux s’abaissent sur l’immonde boutique ;
Fardant d’acier les stocks ; aux lourds regards obliques.
Dans un bal de forçats, des nettoyeurs s’agitent
Et sortent les ordures, sans peur d’une faillite.
Un hère attend l’arrivée bénie des poubelles.
Une galeuse meurtrie fouille et son époux bêle
Contre les panurges dociles quittant la scène.
Le sarcophage vomit sa pitance obscène.
Les boutiquiers s’éloignant donc de leur bazar ;
Se transforment bientôt en pesants charognards,
Fondant furieusement sur les claquedents honteux,
Telles des Harpyes gloutonnes sur des restes miséreux.
A ces enfants au ventre creux ou aux yeux vides
Qui, au soir, tâtent la mangeaille liberticide ;
Et la nuit rêvent d’une révolution secrète.
La société de consommation, ça en jette !
04/06/2008 à 20:26
Le relai est joliment pris !
Comme ça sonne tristement juste !
05/06/2008 à 06:47
Ce qui est bien, c’est que ton texte sonne bien différemment de tout ce qu’on a pu faire. On croirait une chanson un peu énervée. Bon !
J’intègre cela à “l’initiative”
)
05/06/2008 à 07:17
Oui, ça sent bon la chanson révolutionnaire, tout ça.
J’aime !
05/06/2008 à 08:17
c’est trés beau ! une nouvelle carmagnole ?
05/06/2008 à 08:41
@ Pomme, Dorham, Antoine, Gaël : merci
« Quels que soient sa qualité, son niveau, sa finesse, sa capacité créatrice, son succès, le poète, pour la bourgeoisie, ne peut qu’être :
serviteur,
bouffon,
ou ennemi »
Roque Dalton
07/06/2008 à 17:40
avec le verbe dur, qui heurte, c’est bien comme cela qu’il convient de dire que nous gémissons la bouche pleine et les poubelles qui dégueulent
très beau texte, chapeau !
09/06/2008 à 11:00
Clap Clap… qui va la mettre en musique celle là ?